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mardi 9 octobre 2007

Une journée à Nelson

Dans la série : « On est quel genre ? »

Voici que l’on se questionne sur : « On est quel genre de touriste ? »

Vous courrez les attraits touristiques ?
Vous manger dans des resto que vous connaissez ?
Vous recherchez quoi ?
Vous vous attendez à quoi ?
Est-ce que vous jugez les gens qui ne sont pas le même type de touriste que vous ?

Je me sentait coupable de ne rien faire aujourd’hui… Je veux dire ; rien visité, rencontré personne, monté aucune montagne… Tout est fermé, c'est Thanksgiving.


J’ai lu le dictionnaire, durant 4 heures dans un café, je me suis dirigée au parc pour continuer ma lecture…

La lumière d’automne en fin d’après-midi était superbe. Après une heure ou deux, je commençais à avoir froid. L’humidité me gagnait !

Je partie prendre une marche dans ce superbe parc… Les arbres me fascinent.
J’aimerais les connaître. Connaître leurs différences, alors qu’ils se ressemblent tant.


Remarquant le regard des gens sur, la fille qui prend des photos d’arbres, je me suis dit…
Ils doivent vraiment me prendre pour une touriste ! Comme quand on voit des gens au parc Lafontaine prendre des photos d’écureuil !
Bien figurer vous donc, que je prends aussi des photos des écureuils quand je suis au Parc Lafontaine!
Puis, je me disais, les touristes ne font peut-être pas ça ?
Que font les touristes ?


Je ne me sens pas touriste.
Je ne sais pas si je vais pouvoir dire que j’ai visité les places où je suis arrêté.
Je n’ai pas fait tous les sentiers recommandés, ni vu tous les incontournables.
Je visite à ma façon, je fais mes activités quotidiennes dans d’autres endroits.
Je vis au rythme des places que je visite.
Je prends des cafés et des bières et je regarde passer les gens dans la rue.
Voilà mon tourisme !


Vous pensez peut-être que je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur… mais vous savez quoi ?… j’adore ça !
Je marche dans la ville, je prends des photos… et j’ai par moment, l’impression d’écrire un photoroman ! Je m’amuse !


D’ailleurs mon café de ce matin, à la brûlerie Oso Negro, était excellent… J’ai même mangé un délicieux sandwich à cet endroit ! La terrasse était superbe, bien aménagée et fleuri, les enfants qui courent et les oiseaux cherche les restants, le chat du voisin vient faire son tour… le mangé était bon, les gens étaient beaux et de bonne humeur. Je lisais mon dictionnaire. J’étais ravie !

J’ai passé au peigne fin la lettre A… et j’ai flirté avec B et quelques autres noms qui me revenaient constamment en tête.
Je garni mon vocabulaire…
Je vais travailler sur mes temps de verbes et mes constructions de phrase bientôt.
Je me dis que même si je dis tout à l’envers, si je mets tous les mots dans la phrase… Ils vont bien me comprendre !
Je découvre les recoins de la langue anglaise et rigole parfois des traductions françaises qu’offre le dictionnaire ! J’imagine un anglophone utiliser ces mots…


Enfin, je poursuis mon herbier… Si je ne m’abuse… le parc est un arboretum… d’où la multitude de variété. Plusieurs arbres sont offerts à la mémoire de personnes… mais on ne dit jamais quelle sorte d’arbre on leur offre ! Des variétés de chênes, d’érables et de conifères…

Alors, je suis une touriste tranquille et curieuse ; une balade à vélo, un bon café sur une terrasse, de la lecture au parc, une promenade, quelques clapotis d'ordinateur, et des photos pour mon herbier.
J’explore et profite.

vendredi 31 août 2007

On fait ce que l'on est.. ou L'on est ce que l'on fait?


Je devais vraiment faire du lavage aujourd’hui… Une fin de semaine de camping et de festival de musique sous la pluie et dans la boue, et aussi ; depuis que je travaille devant les woks du resto thai… je sens le thai ! Et mes vêtements s’épuisent plus rapidement.

À l’auberge, il est possible de faire son lavage pour 1.50$ et pour un 1.75$, on utilise le sèche-linge…
Mais la contrainte avec l’auberge, c’est que les heures d’utilisation sont de 17h à 23h. Durant ces heures moi, je travaille !
Je sais que l’une des filles de l’auberge accepte que j’utilise les machines en dehors des heures habituelles, car je suis une habituée de l’auberge… Mais aujourd’hui le directeur de l’auberge était là… et de toute façon, moi, dans la vie ; j’ai de la difficulté à demander.

Alors, je me suis dirigée vers la buanderie de Jasper. Les nouvelles machines électroniques, rapides et commerciales, seraient parfaites pour un après-midi un peu pressé.
4$ le lavage, et entre 1,50$ et 2$ le séchage, selon les vêtements… plus dispendieux, mais je suis contente de me trouver dans un nouvel environnement.

Je suis toujours entre l’auberge et le travail, mis à part quelques arrêts pour une bière… au Dead dog. Voyez le nom du bar !! Dead dog ! On sert à manger durant la journée ! Avec un nom comme ça… on sert des burgers !

La buanderie ne semble pas avoir de nom… mais il y a de bons cafés, la lumière est belle, la dame est sympathique et des machines qui économisent l’eau et l’énergie… J’avais tout ce qu’il faut.

Écrivant à mon ami Gilbert, plus tôt aujourd’hui, je me suis mise à penser à la rentrée scolaire que je ne vis pas cette année…pour la première fois depuis bien longtemps, car avant de travailler dans un cégep… j’étais à l’université !

J’étais certaine que la rentrée scolaire serait un moment difficile pour moi. Que je repenserais à tous ces merveilleux moments passés durant les dernières années ; aux rencontres avec les étudiants, certaines rencontres étant plus marquantes que d’autres, et à mes collègues, ces amis du quotidien… Mais il n’en est rien. Je ne suis pas triste de me pas y être. Je ne m’ennuie pas… Et, je me questionne…

J’ai fait mes études universitaires dans le but bien précis de travailler dans un cégep.
Même plus !
J’ai déménagé à Montréal pour faire ces études universitaires !
Je n’avais jamais envisagé sérieusement faire un autre métier. Une maîtrise en cours, je me disais bien que je pourrais faire autre chose avec ça, mais quoi ? Je ne le sais toujours pas. Bah… j’ai une vague idée, mais on verra comment les choses se concrétisent.

J’ai déjà été si souvent déçue, là je ne fais pas de plans à long terme.

Ce que je réalise présentement, c’est que devant ce wok thaïlandais, à faire sauter les légumes et les nouilles de riz, pour faire de succulents pad thai, pad ki mao ou pad siew ; je me sens bien… Est-ce que c’est le travail d’équipe qui est plus présent ? L'absence de responsabilité? Est-ce la nouveauté ?
Peut-être que je n’étais tout simplement pas ou plus à ma place ?

Je ne cherche pas à connaître la réponse, pas pour le moment…
Je sais que je veux donner une autre importance au travail, que je veux voir le travail autrement dans ma vie.
J’aime travailler. Et les petites jobs ne m’embêtent pas, les grosses non plus… mais les irritants m’embêtent et c’est ça que je fuis, que j’évite et que je veux enrayer.
J’aime faire les déménagements, j’aime peinturer, j’ai vraiment aimé couler du béton (!) j’aimerais apprendre la mécanique et à faire de vraies coupes de cheveux (car là je coupe à l’œil et avec la confiance de mes amis !) Je suis prête à faire un peu n’importe quoi, mais je ne ferai rien qui ne me rend heureuse.

Je constate que j’apprends rapidement, que j’ai beaucoup d’intuition, que je suis débrouillarde et habile manuellement. J’entends mon amie Geneviève, qui me disait, il y a longtemps déjà, que j’étais « quick», que je comprenais vite… Je ne le voyais pas ! Je comprends maintenant !
Je voulais me mettre au défi par ce voyage et valider certaines choses… je suis sur la bonne voie ! Je valide !

Je crois sincèrement avoir fait l’un des plus beaux métiers du monde… celui d’animatrice culturelle, et il faut peut-être le voir de près pour le savoir.
J’ai côtoyé des gens fabuleux ; créatifs, passionnés et investis.
Mais je sais aujourd’hui que je n’étais pas heureuse… Étais-ce le contexte ?
... Je crois que oui, malheureusement...
Dans un autre contexte, les choses auraient probablement été différentes, mais on ne refait pas le monde et on ne refait pas sa vie. Les choses se présentent, c’est la valse de la vie.
Une valse à combien de temps ? Faut-il suivre le tempo ? Et, qui bat la cadence?

En écrivant à Gilbert aujourd’hui, je me demandais…
Est-ce que l’on fait ce que l’on est ? Ou, est-ce que l’on est ce que l'on fait ?
Je cherche MA réponse.
Connaissez-vous la vôtre ? Je veux dire ; la connaissez-vous vraiment ?

Entre l’ambition et la détermination et le désir de comprendre et de se dépasser, je rage souvent que les choses n’aillent pas assez vites.
Suis-je « quick » comme le disait Geneviève ?
Les choses iront-elles à mon rythme un jour ou devrai-je m’adapter ?

Je suis de ceux qui se posent beaucoup de questions, certains diront trop de questions.
Mais j’aime questionner.
J’aime réfléchir et croire que rien n’est acquis.
Aller plus loin, voir le fond des choses et ce qu’il y a entre les lignes.

Alors la question reste… Est-ce que l’on fait ce que l’on est, ou l’on est ce que l’on fait…
Je suis curieuse d’entendre votre réponse…

dimanche 15 juillet 2007

matin de truck stop

14 juillet

En ouvrant mon ordinateur ce matin, les retailles de cheveux à l’écran de l’ordinateur me rappellent ma coupe de cheveux d’hier soir. Je déguste mes premières toasts sur le propane, cuites entre une fourchette et un couteau, car mon grille-pain se grillait lui-même, se foutant bien du pain !

Sous mes yeux, une dizaine de mouettes viennent de se faire dérober leur butin ! Le gros corbeau est arrivé et n’a même pas mit la patte au sol !! C’était super chien ! Les mouettes se regardaient toutes, on aurait dit qu’elles cherchaient une coupable ! Pour se défouler, la plus blanche a fait tomber un verre de Tim Horton qui se trouvait sur la poubelle du McDo.
Et merde plus de pile.

Mon premier truck stop

Mon premier truck stop, vendredi 13 juillet

Ontario, entre Barrie et Toronto. Direction Wasaga beach. Je remonte vers le nord-ouest.

Ce soir, je voulais dormir dans ma van. Elle est vraiment confortable. Et, j’ai besoin de sommeil. 21h30, je suis contente qu’il commence à faire noir, je vais bientôt descendre le rideau.

L’endroit est sur le bord de l’autoroute, un McDo et une station service. Il y a des jeux vidéo dans le resto, mais pas de connexion internet. Sept ou huit transporteurs sont stationnés, une trentaine de voitures, deux autos avec des bateaux et un McDo ouvert 24hre. Les machines distributrices des toilettes offrent aux camionneurs et aux visiteurs: des crottes de fromage, des chips sel et vinaigre, des dizaines de sortes de palette de chocolat et des jujubes (les pêches et cerises sûres et les framboises.) Même pas un p’tit craquelin qui pourrait donner bonne conscience ! Heureusement, grâce à mon marché de cet après-midi, j’aurai de quoi grignoter !
Avant de m’offrir ce repas ; je concrétise une idée qui me traversait l’esprit depuis le matin. Mes cheveux commencent à être longs. Mission : Couper les cheveux ! Vous ne savez peut-être pas ; mais ces cheveux bien décoiffés, peuvent être la source de beaucoup d’angoisses chez-moi ; ils peuvent gâcher une journée, aussi cruellement qu’un œuf bénédictin peut le faire. Couper… on s’entend ! Je raccourcis quelques couettes et enlève un peu d’épaisseur…
Dans le reflet que m’offre la porte de côté, je sculpte ma nouvelle tête. Je devrais finir le tout demain, car la nuit s’installe, et mon reflet perd de sa fidélité.

L’humus du marché est génial ! Quelques légumes en trempette, et les craquelins de ma boite cadeau. Ce sont les meilleurs craquelins que je n’ai jamais mangés ! Cette boite contient le nécessaire pour célébrer et pour me consoler. J’ai un vin « Explorer » aussi, il aura son heure !

Assise sur le rebord de ma van, les pieds sur le marche-pied, dans un truck stop. Je trouve le ciel très beau, des dizaines de bleus, du bleu clair au indigo. Je me sens bien. Assez pour penser que les lampadaires du stationnement du McDo sont des étoiles. La nuit sera fraîche, j’ai froid aux pieds.